Delits de mes nuits ... sans lit
Les silences de mes nuits ressemblaient aux murmures que l'on perçoit quelquefois sous les voûtes courbées des grandes cathédrales. Et leurs voix se confondaient de voyelles en consonnes, de maux en mots et de paroles en rumeurs. Leurs sifflements saccadés par des souffles vieillissants transformaient cette collégiale chorale en une sonate que nulle oreille avertie n'aurait pu supporter. L'amplitude de cordes si peu accordées m'ôtait sans outre mesure l'envie de dormir ou de me reposer un temps. N'était ce point les cris des âmes perdues qui se disputaient le droit d'être encore à ces heures vivantes. De sa croix avec le regard figé sur le parvis de notre monde, je voyais bien que ce pauvre homme de bois peinturluré n'avait de pitié pour autant de propos murmurés. Lui qui avait selon les écrits souffert pour nous !
Que faisions nous encore pour lui et devant lui sans penser à taire notre misère?
Mes nuits se ressemblaient de plus en plus jusqu'à se confondre avec mes heures d'éveil. Les cris ou les paroles n'étaient que vibrations sonores agaçant un cerveau fatigué à penser et à chercher l' endroit ou il pourrait enfin se poser. Libre et léger pour toucher du bout du doigt ... ce soleil qui brille dans l'immensité de mon ciel. Battant et rayonnant de rouge et de feu comme un coeur qui se donne sans reprendre.
Je regardais donc ce ciel avec ces étoiles plus belles les unes que les autres, en gardant en moi ce miel de la providence. Je tentais de rêver ........
Mes nuits n'étaient pas tendres et pourtant .... je les ai parfois aimées !
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